De la mélancolie au théâtre

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Il me semble que tous, nous nous sommes déjà retrouvés face à cet état indescriptible de tristesse profonde. Un état qui nous pèse, nous pousse à nous isoler, à nous renfermer sur nous mêmes.

Il nous a suffit de réaliser notre mortalité ou celle de notre entourage, d’un simple sentiment d’impuissance, ou encore de cette impression récurrente d’être dépassés par les événements de la vie. Pour moi, ça a toujours été ça: la mélancolie. Ces longs moments solitaires et silencieux, cette douleur intérieur qui nous donne envie de nous arracher le cœur, ce sentiment d’avancer sans but précis, qu’il s’éloigne même à chaque pas supplémentaire et ce besoin de sommeil intarissable.

Je n’étais jamais parvenue à placer un nom sur ces sensations avant le mois de Septembre, lors de mon cours d’histoire de l’art. Un semestre entier d’étude de la représentation de toutes les facettes de la mélancolie dans l’art: en partant de celle qui vous assomme en remontant jusque celle qui vous élève. Allez savoir pourquoi, c’est un sujet qui m’a tout de suite captivé. J’ai eu l’impression de comprendre un peu mieux le monde qui m’entoure. Je réfléchis même à en faire un axe possible pour mon mémoire de Master.

Pour revenir à la mélancolie. Elle est étudiée en premier par Hippocrate, lors de l’antiquité Grec. C’est la théorie des quatre humeurs qui composent le corps: la bile jaune, le sang, le flegme et la bile noire. En grec d’ailleurs, MELANCHOLIA  signifie  » bile noire ». C’est donc une substance produite par le corps qui épaissit le sang et assombrie l’humeur du malade. Cet état est aujourd’hui considéré comme un état psychologique qui correspond à la dépression. Aristote voit lui dans la mélancolie un état qui touche les hommes de génie et pousse à la production de chef d’œuvres.

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Autant vous dire que lorsque j’ai vu qu’une pièce qui traite du sujet, intitulée Mélancolies, passait au théâtre de la Bastille, je me suis précipitée pour prendre des places afin de découvrir cette pièce dont les critiques étaient d’ailleurs si positives.

Peut être en attendais-je trop?

Mélancolies est une pièce retravaillée par le collectif InVitro, qui se veut réécrire la mélancolie d’Ivanov et des trois sœurs. Une pièce qui propose au spectateur de le pousser à se questionner lui même sur la vie, la mort, le mal être d’un être face à la maladie de son épouse, celle des autres personnages dont les vies défilent sans sens véritables. Une pièce qui, a priori, pourrait toucher n’importe qui, qui devrait pouvoir raisonner chez tout le monde. En lisant les critiques j’avais même lu qu’on pouvait se laisser « submerger » par cette pièce sans crainte. J’y allais en m’attendant à une claque, à une vague qui m’engloberait et me permettrait une forme de catharsis.

Je n’ai pas ressentie tout ça

Tout d’abord, il m’a manqué le silence. Il n’intervient qu’aux dernières secondes de la pièce et j’ai étouffé des cris et des phrases trop longues qui ne me permettaient pas de comprendre les personnages. J’ai été touchée par le personnage de Sacha, j’ai trouvé l’actrice excellente. Les autres acteurs jouaient parfaitement le rôle qui leur était attribué mais ils étouffaient sous le texte et selon moi, la mélancolie, justement, ne pouvait pas s’étendre. Elle était étouffé par un jeu trop répétitif qui se veut toujours plus criant. Il y avait, à défaut de silence, trop de textes et de questions soulevées qui n’étaient pas creusées et je suis sortie de la salle avec un sentiment d’une ambivalence extrême.

Dire que j’ai passé un mauvais moment serait mentir, j’ai passé un chouette moment au théâtre. La mise en scène était très intéressante et l’histoire s’écoule avec fluidité. Mais d’un autre côté je n’ai pas été heurtée par la pièce et surtout, je n’ai pas oublié que j’étais au théâtre. Voilà pourquoi en sortant je ne savais trop quoi en penser.

Ainsi je ne remet pas en cause tout le travail qu’il y a eu en amont de ce qui se joue sur scène. Clairement il y en a eu et ça se voit. J’ai d’ailleurs des proches qui ont beaucoup aimé cette pièce. Pour ma part, je reste dans cette frustration de l’entre deux qui veut que j’ai trouvé cette pièce divertissante mais plate.

A très vite,

JEANNE

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NB

La première et dernière photo d’illustration sont issues du site du théâtre Bastille, il en reste l’entier propriétaire. L’autre est de moi.

pour plus d’informations sur la pièce: Ici. Elle est jouée sur scène jusqu’au 22 décembre et du 8 au 12 janvier 2018 au théâtre de la Bastille à Paris.

 

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