Arrêter de s’ignorer

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Voilà plus d’une année que j’ai posé bagages à Paris. Une année sous le soleil, le vent et la pluie, mais jamais sous ce grand manteau blanc.

Il a neigé à Paris, là, juste sous nos yeux. Au départ nous pensions que ça ne tiendrait pas, que ça se changerait en pluie… Et puis rapidement, quelques centimètres se sont accumulés et cette ville, qui déjà m’émerveille tant, est devenue toute entière, un paysage de carte postale.

Avant que la boue et la pollution ne viennent salir ce blanc immaculé; que nous réalisions que ce joli spectacle n’est certainement pas une aubaine pour tout le monde; Paris est devenue magique. Ont dès lors afflué toutes sortes de photographies enneigées sur les réseaux sociaux. La neige ravive les cœurs d’enfants. Moi je voulais surtout capturer cet instant d’entre-deux: Un Paris sous la tempête. Les cheveux trempés et blottie dans mon énorme manteau, capturer ces passants et ce mobilier urbain, recouverts d’un nouveau décor.

Et puis, au détour d’une rue, un homme endormi dans un sac de couchage, recouvert de neige. Je me sens impuissante et je réalise que cette magie qui me réchauffe le cœur, lui glace surement le sang. Mais que faire? Pourquoi, quand quelqu’un crie à l’aide au détour d’un métro, si peu de gens réagissent? Moi même, souvent, je garde les yeux rivés sur les lignes de mon livre.

Mais ça m’arrive aussi, de leur offrir un café, un bonjour, un sourire. Toujours bloquée dans cet entre-deux du « comment aider tout le monde? » et d’un héroïsme un peu idéaliste, avec l’espoir, au fond, de changer un peu la donne de la journée de quelqu’un. Mais surtout, de ne pas être la seule à y penser. Parait-il, que les petits ruisseaux font les grandes rivières.

La neige à Paris, aux flocons si tendres sur les joues, aux couleurs si douces sur le pavé. Me rappelle aussi que ce qui peut me sembler merveilleux est parfois tragique pour d’autres. Ça nous fait tant paniquer que tout le monde semble se paralyser simplement à cette idée.

Je ne sais trop comment finir cet article. Il n’y a pas de véritable trame, pas de message à faire passer. Pas de réponse, ni de reproches. Simplement peut être, l’envie un peu utopiste, d’arrêter de s’ignorer.

 

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A très vite,

 

Jeanne

4 commentaires sur “Arrêter de s’ignorer

  1. On ne peut pas aider tout le monde isolément. C’est le rôle de l’État ou d’organisations. Mais il est vrai que voir des gens dans la rue en plein hiver, en France et au XXI ème siècle, ce n’est pas normal.

  2. Paris sous la neige est sublime mais c’est vrai que nous ne vivons pas tous les mêmes choses. Pour certains la neige est magnifique, cela nous rappelle des souvenirs de jeunesse, pour d’autres, elle est inquiétante. Malgré tout, c’est un spectacle rare ! 🙂
    https://la-parenthese-psy.com/

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