Ce mois de mars théâtral

En mars, je suis allée voir trois pièces de théâtre. L’une légère, l’autre décevante et la dernière bouleversante. Trois propositions incomparablement différentes qui m’ont plus ou moins marquées.

Je perçois mon exigence grandissante au fil des pièces que je rencontre. Souvent je sors déçue, comme restée sur ma faim. Parfois au contraire, je me prend une claque en pleine figure, inattendue et renversante. C’est cela que je recherche et c’est pour ça que j’aime tant aller au théâtre. C’est cette puissance vivante qui t’empoigne et t’emporte le temps de quelques heures. C’est lorsque tu es touché en plein cœur, c’est encore plus fort que le cinéma. Comme une dose d’adrénaline qui te fait grandir et voir le monde autrement.

Trois pièces en un mois ce n’est pas anodin, d’autant plus qu’elles ont toutes trois raisonnées différemment.


Tout d’abord je suis allée voir La loi de l’Amphore, mise en scène par Manon Klaus et jouée jusqu’au 3 mai au théâtre Pixel à Paris. Il s’agit d’une comédie réussie jouée par de jeunes acteurs prometteurs dans un théâtre intimiste. J’y ai pris une véritable dose de légèreté, parsemée d’humour et ne peux que vous recommander vivement cette pièce si vous êtes en quête de fraîcheur et d’une parenthèse bien dosée dans votre semaine.

Par la suite je me suis rendue au théâtre de la ville découvrir L’Etat de siège d’Albert Camus, mis en scène par Emmanuel Demarcy-Mota. La pièce n’est plus jouée actuellement. J’avais déjà pu découvrir l’univers de Demarcy-Mota lorsque j’étais au lycée et que nous étudions Rhinocéros de Ionesco. C’était poignant, étouffant, dans un écho parfait avec ce que nous attendions en lisant la pièce. L’an dernier, Anne allait assister à la représentation pour la première fois, elle en revenait bouleversée, touchée. Elle avait vécu cette expérience dont je vous parlais juste avant.

Nous y sommes retournées: moi pour découvrir la pièce, elle pour la revivre. Et nous sommes sorties déçues. Qu’est ce qui a changé? Pourquoi est-ce que soudain la force de cette même mise en scène est-elle tombée à plat? Personnellement c’est le jeu des acteurs principaux qui m’a dérangé, j’ai eu du mal à « être » dans la pièce et cela a rendu l’histoire d’amour, qui se déroule en parallèle d’une peste qui tyrannise les habitants, pâteuse et indigeste.

Notre innocence de Wajdi Mouawad / crédit Simon Gosselin

Je me suis rendue finalement au théâtre de la Colline pour assister à la représentation de la pièce Notre Innocence, écrite et mise en scène par Wajdi Mouawad. Ce fût un engloutissement complet, une gifle comme on en reçoit peu, un véritable coup de cœur, presque thérapeutique, teinté d’une critique violente de notre société. J’y allais sans attente j’avais oublié ce que j’allais voir et je ne connaissais pas du tout le théâtre de cet auteur. La pièce démarre d’une seule voix, et te transperce la peau. Elle devient si violente que s’en est insoutenable puis, le spectateur prend ses marques et peu profiter pleinement du jeu des acteurs brillant. La pièce est encore jouée, jusqu’au 12 avril 2018. Et je ne peux que vous conseiller de vous y rendre pour vivre cette expérience par vous mêmes.

Toutes les infos supplémentaires sur les pièces sont accessibles via les liens reliés aux noms des pièces. Je ne suis pas l’auteure des photographies et affiches utilisées pour illustrer mon post.

Je vous retrouve très vite,

passez une belle semaine!

Jeanne

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